• À 47 ans, Samy Debah, habitant, professeur d’histoire-géographie et fondateur du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) vise la mairie de cette commune de 42 000 habitants.

Il avait créé la surprise lors des législatives. Il compte faire mieux aux municipales de 2020 avec une liste de la société civile. Samy Debah (SE) s’est officiellement lancé dans la campagne des municipales à Garges-lès-Gonesse.

Pourquoi vous présenter ?

Samy Debah : Ceux qui m’ont soutenu pendant les législatives m’ont encouragé à poursuivre le combat au service des Gargeois. Ils considèrent que je suis légitime au vu des résultats [13,94 % au 1er tour, 34,2 % au second]. On a fait naître un espoir qu’il faut confirmer par un programme répondant aux attentes de la population. Et surtout qui renouvelle une classe politique qui n’a pas atteint ses objectifs.

 

Quelles sont les principales thématiques de votre programme ?

L’emploi est une des priorités. Qui dit emploi dit formation. On doit s’assurer que nos jeunes réussissent sur le plan de l’éducation. Il faudra s’intéresser aux moyens alloués à la réussite éducative. La sécurité est aussi un enjeu important. Il faut le retour du commissariat à Garges avec des effectifs conséquents. Pourquoi notre député [François Pupponi, DVG] et notre maire [Maurice Lefèvre, DVD] ne sont pas partis défendre ça ? Aujourd’hui, la ville est un supermarché de la drogue à ciel ouvert. Le sport a aussi été bradé. Or, comme la culture, cela aiderait à régler les problèmes de sécurité.

 

La ville est sujette à des rixes entre bandes. Que préconisez-vous ?



Si on a des enfants encadrés sur le plan de l’éducation, qui ont une activité sportive et/ou culturelle, croyez-vous qu’ils auraient le temps de se chamailler sans savoir pourquoi ? Il faut un accès à l’éducation, à l’art et la culture. Aujourd’hui, on a un programme culturel qui ne correspond pas aux attentes des habitants. Je ne comprends pas ce tel écart entre la politique de la ville et ce que vivent les Gargeois. A Garges, ce n’est pas un problème de moyens mais de choix.

« On ne peut pas obtenir le score que j’ai eu aux législatives qu’avec un vote communautaire »

Vous êtes souvent qualifié de « candidat communautaire », avec « un vote communautaire » ?

On ne peut pas obtenir le score que j’ai eu aux législatives qu’avec un vote communautaire. Mes résultats dans les quartiers où la communauté musulmane n’est pas importante le prouvent. On considère que quelqu’un qui s’appelle Debah Samy ne peut pas convaincre des électeurs autres que ceux de sa communauté supposée. Donc on perturbe le jeu électoral, on ne débat pas avec lui, on cherche à le disqualifier. Si j’étais communautariste, pourquoi j’enseigne à l’Education nationale depuis 1993 et pas dans une école privée musulmane ? Et je suis apprécié des élèves, des parents et des chefs d’établissements.


On parle aussi de vous pour avoir fondé le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) ?

Mon passage au CCIF a été une richesse et une force. Ça m’a permis d’être en relation directe avec le monde de la discrimination et de la précarité. Et avec des institutions nationales et internationales. Aux législatives, j’ai fait ce score à Garges parce que les gens me connaissent depuis que je suis gamin. Ils me défendent face à ceux qui tentent de me salir.

Garges connaît un fort taux d’abstention. Pensez-vous pouvoir mobiliser ?


J’espère mobiliser des gens qui, par le manque de renouvellement du personnel politique local, avaient décidé de s’abstenir. Quelque part j’espère incarner cet espoir.

 

DES CANDIDATS IMPLANTES LOCALEMENT

À Garges-lès-Gonesse, la campagne des municipales est lancée. Si les actions sur le terrain se font encore discrètes, en coulisse les candidats s’activent. Après la déclaration officielle de Benoît Jimenez (UDI), la volonté d’Hussein Mokhtari (PS) de proposer une liste de rassemblement à gauche avec le PCF, voici la candidature de Samy Debah (lire ci-contre). Trois habitants de la commune, qui y ont grandi et y vivent. Qu’en pensent les citoyens ? Près de l’hôtel de ville, lundi, ils sont nombreux à dire qu’ils n’iront pas voter. Deux quadragénaires pensent qu’elles glisseront un bulletin « pour Jimenez ». Connaissent-elles Hussein Mokhtari et Samy Debah « Oui, de nom », répondent-elles. Un autre quadragénaire, Mounir*, insiste : « Je voterai pour le candidat qui a le meilleur programme. » Il suit de près la politique locale et constate : « On a Jimenez qui est sur le terrain, Debah qui fait campagne par son réseau parce qu’il connaît du monde et Mokhtari qui est bien identifié. On attend de voir comment ça va se passer.»

Via :eparisien.fr



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